mardi 26 juillet 2016

PAPA ABDOULAYE SECK PRÔNE UNE AGRICULTURE MÉCANISÉE POUR ASSURER L’AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE

- L’agriculture sénégalaise doit se transformer rapidement pour être dans une dynamique d’excellence, a affirmé vendredi le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Papa Abdoulaye Seck, rappelant qu’à terme l’objectif est d’arriver à l’autosuffisance alimentaire.


Il présidait une cérémonie de remise de matériels agricoles, dont 25 tracteurs Fergusson, à des producteur de la région de Louga, appuyés pour certains par l’ONG "Association de Bienfaisance Islamique" (ABI), qui a assuré une partie du financement.

La transformation du secteur agricole est la seule voie pour assurer aux producteurs des revenus stables, a déclaré Pape Abdoulaye Seck, qui veut faire de l’agriculture un véritable métier et non une activité à laquelle on s’adonne après avoir partout échoué.

Selon lui, c’est dans ce cadre que s’inscrit cette cérémonie. Il a signalé que le gouvernement ambitionne d’élever le niveau de mécanisation de l’agriculture sénégalaise, avec l’injection de 85 milliards de francs CFA pour l’achat de tracteurs d’ici trois ans.

Dans le même temps, 5 milliards de francs CFA seront consacrés au petit matériel attelé, a promis le ministre, qui se félicite des résultats obtenus par le programme de renouvellement des semences. Pour un objectif de 40.000 tonnes cette année, 50.000 tonnes de semences ont été obtenues, a-t-il précisé.

Il a beaucoup insisté sur les dispositions prises en étroite collaboration avec les autorités administratives locales, pour parvenir à une distribution transparente des tracteurs suivant des critères bien définis. Les producteurs qui n’ont jamais reçu autant de matériels ont bénéficié d’une subvention de 60 pour cent sur les tracteurs et de 70 pour cent pour le matériel attelé, selon le ministre, qui invite à une bonne utilisation de ces engins.

Le président de l’ONG ABI, Mactar Fall, a affiché sa volonté d’accompagner la politique de développement menée par l’Etat, n’attendant que d’être sollicité pour agir au grand bénéfice des populations. L’ONG qui a aidé certains producteurs dans l’acquisition de ces tracteurs, s’illustre déjà dans beaucoup d’activités à caractère social, avec notamment l’octroi de pécules trimestriels à des orphelins.
AMD/ASG
APS

vendredi 8 juillet 2016

Malgré les difficultés, l'agriculture sénégalaise attire toujours plus de jeune

Depuis plus d’une décennie, certains observateurs attentifs à l’évolution de l’agriculture sénégalaise constatent l’émergence d’un fait nouveau. D’une manière singulière, des exploitations à la taille utilisant les nouvelles pratiques agricoles se situent sur l’ensemble du territoire sénégalais, et mettant en œuvre des techniques, des systèmes de production, des circuits de commercialisation qui peuvent surprendre par leur originalité. Cela est le fait de quelques jeunes acteurs marginaux, voire isolés. 
Les profils ont changé, les producteurs sont de moins en moins des enfants d'agriculteurs. Ils ont des parents infirmiers, employés de banque, commerçants ou enseignants, et sortent parfois d'un bac littéraire ou d'un cursus en électronique. Ce qui les pousse, malgré les difficultés du secteur, c'est la passion qu'ils entretiennent, parfois depuis tout petit pour l'agriculture. Ça fait un peu peur, mais les jeunes le sont pas, c'est une passion. Ils veulent servir à quelque chose dans la société « Produire pour nourrir le Sénégal ».
Le métier d'agriculteur n'est plus celui d'il y a 50 ans, il devient pluridisciplinaire, celui d'un chef d'entreprise. Il faut désormais tout maîtriser, de la production à la stratégie commerciale. Le secteur s’est adapté, les pratiques d'utilisation de certaines machines agricoles ont cédé une place à l’informatique, si on connait un peu de l’analyse du bilan des comptables, on est capable de calculer une marge pour savoir s'il est rentable ou non de faire quelque chose. 

L’innovation des jeunes : un concept pour nourrir le débat ?

Dans l’imaginaire des sénégalais, l’agriculture ne correspond guère aux aspirations des jeunes intellectuelles et n’offre pas de perspectives attractives. Il ressort donc la nécessité de changer cette perception d’image sur les jeunes. Les initiatives des jeunes sénégalais se multiplient. Elles empruntent des voies très diverses : le « Yessal Agri-hub » par exemple, se conforme à l’apport d’une touche innovante dans le secteur de l’agriculture au Sénégal, où les jeunes deviennent les protagonistes du développement agricole à travers la créativité et l’innovation numérique, tout comme le YPARD Sénégal, la plateforme Mlouma, ou encore Agri-tool…etc. De même l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) par les jeunes est en train de moderniser le secteur agricole tout en fournissant de nouvelles opportunités.
Il semble qu’il existe un réel écart entre cette minorité créative et la masse des exploitants traditionnels suivie en totalité par nos politiques.
En tenant compte que les jeunes sénégalais sont largement affectés par les phénomènes de pauvreté et d’exclusion économique et sociale, un feedback durable de la part du peuple et du gouvernement est essentiel pour améliorer les perspectives vers une sécurité économique et alimentaire pérenne. 
Comme fondamentale, il est important pour l’Etat de prendre l’engagement pour le renouvellement des générations en agriculture, pour les filières au Sénégal, et pour la promotion du métier de l’entreprise agricole.
En outre, il est important que le ministère de l’Agriculture mette l’accent sur l’appui  à l’entreprenariat des jeunes avec le crédit et l’assistance technique pour le montage de l’entreprise agricoles et favoriser aussi dans les écoles primaires la création de  micro-jardinage pour inciter le métier à bas âge. Un projet d’appui aux jeunes de la passion qu’importe leur cursus scolaire serait vraiment favorable pour faciliter les initiatives et renforcer les connaissances de bases dans l’agriculture afin d’être le plus complet possible. 

Thierno NGAMB
Tel: 771564808/ 766091052
Email: thiernongamb18safar@yahoo.fr
            thiernoagronome@gmail.com

Qualité de la mangue : Le Sénégal en tête des pays de la Cedeao avec un niveau de conformité de 99 %

Les exportations de mangues ont fait des bonds importants entre 1998 et 2015. De 288 tonnes, elles sont passées à 16.689 tonnes pour une production de 130.000 tonnes. Du point de vue qualité, le Sénégal coiffe les pays de la Cedeao avec un niveau de conformité dépassant les 99ÂÂ %.

L’atelier du Comité national de lutte contre les mouches des fruits (Cnlmf), consacré au démarrage de la campagne mangue et à l’assemblée générale dudit comité, et qui s’est ouvert, hier, à Saly, a permis de faire l’état des lieux de la lutte et des activités de recherche sur les mouches des fruits, mais aussi de faire le bilan à mi-parcours des exportations. Selon le directeur de la protection des végétaux (Dpv), la filière mangue fait face à une kyrielle de déprédateurs constituant les principales contraintes à sa promotion. Au Sénégal, a rappelé le Dr Émile Victor Coly, la production des mangues représente 63ÂÂ % de la filière fruits et légumes et constitue l’un des piliers les plus importants du Programme de relance et d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas). Il a souligné que les exportations de mangues ont connu une forte croissance entre 1998 et 2015.
De 288 tonnes, elles sont passées à 16.689 pour une production de 130.000 tonnes, avec une bonne réputation de «ÂÂ l’origine SénégalÂÂ » sur les marchés européens et africains. Abondant dans le même sens, Abdoulaye Ndiaye, chef de la Division législation phytosanitaire et quarantaine des plants à la Dpv, a soutenu que beaucoup d’efforts ont été faits pour le respect des normes. «ÂÂ Il est heureux de constater, a-t-il dit, que les exportations ont augmenté, comparées aux années de références, malgré la présence des mouches de fruits depuis 2004ÂÂ ». M. Ndiaye s’est félicité que le Sénégal, du point de vue qualité, soit en tête des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avec un niveau de conformité dépassant les 99ÂÂ %.

Un module sûr de réduction de la pauvreté
Le président de la Coopérative des acteurs et du Comité de lutte contre la mouche des fruits a dit toute sa satisfaction de l’accompagnement de l’État depuis la manifestation du fléau. Selon Cheikh Ngane, le Sénégal est en tête sur le plan de l’organisation ; ce qui lui a valu d’avoir mis en place très tôt sa filière mangue, laquelle est, aujourd’hui, fédératrice pour la Cedeao parce qu’existant dans 10 des 15 pays de cette communauté. Revenant sur les exportations, M. Ngane a relevé que la filière mangue est marquée par une diversité de producteurs. A son avis, cette filière est un module et un vecteur sûr de réduction de la pauvreté et de création d’emplois. En outre, il a souhaité que cette filière soit consolidée et perpétuée afin de mener le maximum de producteurs vers l’amélioration de la qualité. Selon lui, le Sénégal est derrière la Côte d’Ivoire en termes de volume, mais premier en termes de qualité. Par rapport à la mouche des fruits, CheikhÂÂ Ngane a indiqué que c’est un handicap majeur à éradiquer. Il a révélé que le moindre kilogramme de mangue du Sénégal n’est exporté vers les États-Unis à cause de la mouche des fruits. Le challenge, selon lui, c’est d’éliminer ces ravageurs pour pouvoir exporter vers les États-Unis.
Le Soleil